Un témoin décrit la "procédure"

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Plus de 200 millions de femmes vivent avec les conséquences des MGF et 3 à 4 millions de filles et jeunes femmes risquent de subir cette pratique tous les ans.
 
Ces statistiques sont basées sur les estimations de l'Organisation mondiale de la Santé et démontrent non seulement l'impact des MGF sur la santé publique, mais aussi la difficulté persistante d'obtenir des informations précises sur la situation réelle.Cependant, derrière ces statistiques et ces termes techniques il y a un être humain – une enfant, une fille ou une jeune femme – physiquement et mentalement blessée pour la vie. Nous voulons aborder le sujet avec un témoignage. Jacques Lantier a observé la procédure en Somalie:  
 
''(…) L'opération en elle-même n'est accompagnée d'aucune cérémonie ou rituel. L'enfant, complètement nue, se tient sur un tabouret. Plusieurs femmes la tiennent et écartent ses jambes. Après avoir séparé ses lèvres inférieures et extérieures, l'exciseuse, habituellement une femme expérimentée, s'assoit en face de l'enfant. A l'aide de son couteau de cuisine l'exciseuse perce premièrement et ouvre le capuchon du clitoris. Puis elle commence à le découper. Pendant qu'une autre femme éponge le sang avec un chiffon, l'exciseuse coupe avec son ongle tranchant la longueur du clitoris et extrait l'organe. La petite fille, tenue au sol par les assistantes, hurle dans une extrême douleur; mais personne n'y prête la plus infime attention.
 
L'exciseuse finit son travail en retirant entièrement le clitoris, le coupant avec son couteau jusqu’à l’os. Ses assistantes épongent avec un chiffon le sang qui gicle.  Puis l'exciseuse retire la chair restante, fouillant avec son doigt pour extraire tout reste de clitoris au milieu du le sang.  Les voisines sont alors invitées à plonger leurs doigts dans l'orifice ensanglanté pour vérifier que tous les morceaux de clitoris ont été retirées.
 
Cette opération n'est pas toujours bien menée, puisque la petite fille résiste. Il arrive souvent qu'un usage maladroit ou mal fait du couteau perce l'urètre ou ouvre le rectum. Si la jeune fille s'évanouit, les femmes lui soufflent du pili-pili (épice) dans ses narines.  Mais cela n'est pas terminé. La partie la plus importante de l'opération commence seulement à ce moment-là. Après un court instant, la femme exciseuse prend de nouveau son couteau et coupe les petites lèvres de la victime. Les assistantes essuient de nouveau le sang avec leurs chiffons. Ensuite l'exciseuse, d'un geste rapide de son couteau, commence à gratter la peau de l'intérieur des grandes lèvres.  Consciencieusement, l'exciseuse gratte la chair de l'enfant criant, sans qu'elle est le moindre intérêt pour la douleur extrême qu'elle inflige. Lorsque la plaie est assez grande, elle ajoute des coupures en long et plusieurs incisions. Les voisines/assistantes la regarde attentivement travailler et l'encouragent.
 
Maintenant l'enfant hurle de plus belle. Parfois dans un spasme, l'enfant se mord la langue. Les femmes regardent attentivement pour prévenir d'un tel accident. Lorsque sa langue sort, elles lancent de la poudre d'épice dessus, ce qui provoque un mouvement de retrait.
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Avec l'abrasion complète de la peau selon les règles, l'exciseuse referme les lèvres ensanglantées l'une contre l'autre avec de longues épines d'acacia. A cette étape de l'opération, l'enfant est si exténuée qu'elle arrête de pleurer mais a souvent des convulsions. Les femmes forcent ensuite à boire une préparation à base de plantes.
 
La préoccupation de l'exciseuse est de laisser une ouverture pas plus grande qu'un grain de maïs ou juste assez pour permettre à l'urine, et plus tard les menstruations, de s'écouler.

L'honneur de la famille dépend de l'ouverture la plus petite possible car pour les somaliens, plus l’orifice est petit  plus la  jeune fille prend de la valeur et plus la dot sera élevée.

Quand l'opération est terminée, la femme verse de l'eau sur les parties génitales de la fille et l'essuie avec un chiffon.
 
Puis l'enfant qui était immobilisée tout ce temps, est mise debout. Les femmes ensuite immobilisent ses jambes pour les lier ensemble avec de la corde en  peau de chèvre. Ce bandage est appliqué des genoux à la taille de la fillette et laissé pendant deux semaines. Elle doit rester allongée sur une paillasse tout ce temps. Alors que les excréments, évidemment, restent sur son bandage.
 
Après cela, la fille est libérée  et le bandage nettoyé. Son vagin est maintenant fermé – excepté la minuscule ouverture créée par l'insertion d'une paille ou d'un roseau et restera fermé jusqu'au mariage. (...)''

(source: The Hosken Report: Genital and Sexual Mutilation of Females, Fourth Revised Edition (Women's International Network News: Lexington, MA, 1993) Traduction: AG-MGF)

La manière dont sont pratiquées les MGF sont différentes selon la culture et/ou le contexte traditionnel et sont classées par l'OMS, voir ''Classification'' p.7. Une telle pratique viole l'intégrité du corps humain et à d’énormes conséquences sur la santé des femmes.
 
Le risque de dysfonctionnement des organes sexuels féminins est au plus haut. Les complications physiques, mentales et sexuelles dues à cette pratique invasive et son exécution  primitive priveront la victime d'une vie digne et en santé.
Aujourd'hui les MGF sont internationalement reconnues comme une violation des Droits Humains. Par conséquent, plusieurs pays ont créé des lois et des structures opérationnelles pour éliminer et abandonner cette pratique. Malheureusement, pour réduire les dégats, les MGF sont souvent faites par des médecins. En Egypte, plus de la moitié des opérations sont menées dans un environnement médical. Les conséquences immédiates et négatives sur le court de terme sont évitées, mais pas sur le long terme et sur le plan psychologique. L'OMS, allié à d'autres Organisations Internationales et ONG, luttent contre la médicalisation des MGF.
 
L'éradication de cette pratique traditionnelle nocive doit être totale, comme l'a été les pieds bandés en Chine.  Les activistes optimistes répandent les mots ''d'élimination en une génération'' – une vision qui fait la valeur de chaque effort pour devenir une réalité.

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